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Articles avec #legendes amerindiennes tag

Les guerriers de l'arc-en-ciel

Publié le par Korvus

 

Différentes prophéties 
« Guerriers de l’arc-en-ciel »


• Prophétie Hopis

“Quand la Terre Mère sera malade et que les animaux disparaîtrons, viendra une nouvelle tribu formée de personnes de toutes les cultures, qui croira dans les faits plus que dans les paroles et qui aidera à rétablir la beauté de la terre. Ces personnes seront connus comme les guerriers de l’arc-en-ciel”.

• Prophétie Cherokee

"Les différentes tribus ne furent pas surprise quand débarquèrent sur leurs côtes des hommes blancs, noirs et jaunes; Depuis les temps anciens, les prophètes avaient prédis l’arrivée d’autres races. Ils savaient de même que ces nouveaux venus allaient enterrer les traditions anciennes, en vivant sur cette terre appelée alors « l’île de la tortue ».

Il était dit aussi que plus tard l’esprit des indigènes trouverait finalement refuge à travers l’unification des différentes races de cette terre. Cependant, seulement une partie des races représentées prendra conscience que nous sommes une seule et unique famille.

C’est alors que les guerriers de l’arc-en-ciel », venant de toutes origines raciales, amèneront de grands changements dans la manière de vivre en harmonie avec la création et tous les êtres humains".


• Prophétie Maya

"Cette époque difficile a vu naître le commencement d’une nouvelle nation d’êtres multicolores. Les graines venant des quatre directions se sont mélangées pour créer les premiers enfants de l’arc-en-ciel. Il est écrit dans le temps et la mémoire des peuples indigènes que notre soleil se lèvera de nouveau et que nous seront capables de rétablir notre culture : art, science, mathématiques et religions. La sagesse Maya ressurgira. C’est pour cette raison que nous, les communautés amérindiennes, nous unissons de nouveau pour rétablir notre entière culture".

 Prophétie Cree

“Arrivera le jour ou la folie des hommes blancs fera que les poissons mourront dans les courants des rivières, que les oiseaux tomberont du ciel, que les eaux se troubleront et que les arbres ne pourront plus tenir debout, et l’humanité comme nous la connaissons n’existera plus.

Arrivera le moment où nous nécessiterons ceux qui préservent les traditions, les légendes, les mythes et toutes les vieilles coutumes des peuples, pour qu’ils nous montrent comment récupérer la santé, l’harmonie et le respect de nos semblables. Ils seront la clé de la survie de l’humanité et seront connus sous le nom des « Guerriers de l’arc-en-ciel ». 

Arrivera le jour où quelques personnes se réveilleront de la léthargie pour former un nouveau monde de justice, de paix, de liberté et de respect pour le Grand Esprit. Ces Guerriers de l’arc-en-ciel transmettront le message pour répandre leurs connaissances aux habitants de la terre.

Ils enseigneront à vivre comme vit le Grand Esprit et ils montreront comme ce monde futur s’est éloigné du Grand Esprit et pour quelle raison se trouve-t’il aussi malade.

Les Guerriers de l’arc-en-ciel enseigneront aux gens que cet être ancestral “le Grand Esprit” est un être d’amour et de compréhension et montreront comment rendre a la terre toute sa beauté.

Ces Guerriers de l’arc-en-ciel transmettrons aux gens les principes et les règles pour vivre une vie en accord avec eux même.

Ces principes seront les mêmes que ceux suivis par les peuples du passé. Ils enseigneront les vieilles coutumes de l’unité, de l’amour et de la compréhension. Et ils enseigneront aux quatre coins de la terre comment arriver à l’harmonie entre les personnes et comment prier le Grand Esprit, de la même manière que les peuples du passé, laissant l’amour couler comme coulent les rivières descendant les montagnes et s’unissant au Grand Océan de la vie. Et une fois de plus renaîtra la joie d’être en compagnie et celle d’être seul.

Nous serons libres d’envie mesquine et nous aimerons nos semblables comme nos frères, sans donner d’importance à la couleur de la peau, la race ou la religion.

Nous sentirons comment la joie inonde nos cœurs alors que nous faisons un avec le reste de la création.

Nos cœurs seront purs et irradieront chaleur, compréhension et respect pour l’humanité, la nature et le Grand Esprit. Et une fois de plus, nos esprits, nos cœurs, nos âmes et nos actes s’uniront aux pensées les plus pures pour aspirer à la magnificence du Grand Esprit. Nous trouverons forteresse dans la beauté d’une prière et dans les moments de solitude de la vie. Et nos enfants pourront de nouveau courir libres et jouir des trésors de la nature et de la Terre Mère, libres de contamination et de la destruction. Les rivières seront à nouveau limpides, les forêts abondantes et pleines de bonté, et les oiseaux et les animaux seront sans nombres. Les pouvoirs de la planète et des animaux seront à nouveau respectés et la conservation de toutes les belles choses se convertira en une forme de vie. Le pauvre, le malade et le nécessiteux trouveront l’appui et le soin de ses frères et sœurs de toute la terre et ces pratiques feront de nouveau partie de nos vies quotidiennes. 

Les leaders des peuples seront élus de la même façon que dans le passé, non pour le groupe politique auquel ils appartiennent ni parce qu’ils crient plus fort ; seront élus comme leaders ou chefs ceux dont les actes parlent plus que leur parole, seront élus ceux qui donnent preuve de leur amour, de leur savoir et de leur valeur et qui sont capables d’agir pour le bien de tous. Ils seront élus pour leurs qualités et non pour la quantité d’argent qu’ils possèdent. Et de la même façon que les chefs dévoués et considérés d’antan, ils utiliseront leur amour pour comprendre les gens et pour s’assurer que les enfants et les jeunes seront éduqués dans l’amour, dans le travail et dans la connaissance de leur environnement. Ils montreront que les miracles peuvent se faire réalité pour soigner ce monde de tous ces maux et lui rendre sa beauté et sa santé d’avant.

Les œuvres qui attendent les Guerriers de l’arc-en-ciel seront grandes et nombreuses, ils auront d’énormes montagnes d’ignorance à vaincre et devront affronter le jugement et la haine, ils devront être dédiés, et fermes dans leur cœur car ils trouveront des esprits et des cœurs disposés à les suivre sur le chemin qui rendra à la Terre Mère toute sa beauté et sa plénitude. 

Ce jour arrivera bientôt, il n’est pas loin.

Arrivera le jour où nous nous rendrons compte que tout ce que nous sommes, notre existence même, nous le devrons aux personnes qui ont préservé leur culture et leur héritage, à ceux qui ont maintenu en vie les rituels, les histoires, les légendes et les mythes. Et ce sera grâce à cette connaissance que nous retournerons à l’harmonie avec la nature, la Terre Mère et l’humanité. Et nous découvrirons que cette connaissance est la clé de notre survie.

Ces personnes seront les Guerriers de l’arc-en.-ciel et c’est pourquoi j’implore à protéger la culture, l’héritage et les connaissances de mes ancêtres.

La race de l’arc-en-ciel vient pour renforcer l’égalité entre les nations et s’oppose à l’idée d’une race supérieure qui contrôle ou conquiert les autres races. 

Elle vient amener la paix à travers la conscience que toutes les races constituent en vérité une même race".

• Prophétie Amérindienne

"Quand le temps du buffle se rapproche, la troisième génération de l’homme blanc laissera pousser ses cheveux et commencera à parler d’amour et amener la guérison à tous les enfants de la terre. Ces enfants chercheront une nouvelle manière de se connaître et de comprendre les autres. Ils utiliseront des colliers de graines, des plumes dans leurs cheveux et peindront leur visage. Ils chercheront les anciens de la race rouge pour s’abreuver de la source de leur savoir. Ces enfants seront le signe que nos ancêtres sont de retour dans des corps blanc à l’extérieur mais rouge à l’intérieur. Ils apprendront à marcher en équilibre sur la surface de la Terre Mère et sauront amener de nouvelles idées aux chefs blancs".
 

Le colibri

Publié le par Korvus

Cela se passe dans une belle et grande forêt, l’on y voit des arbres à perte de vue, où, en son coeur, trône un arbre majestueux, bien plus grand et plus haut que tous les autres.

Cet arbre mag(nif)ique a des branches qui disent : " Venez à moi, peuple des oiseaux ! Venez à moi, je vous accueille ".

Et tout ce petit monde piaille, joue, discute.... bref, on y vit en harmonie.

Mais un jour, arrive un grand malheur, l’arbre prend feu, les oiseaux impuissants s’élèvent dans le ciel contemplant leur arbre partir en fumée.

A travers la fumée, ils distinguent un petit oiseau qui va à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la déposer sur l’arbre. Il retourne et retourne encore, inlassablement, à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la déposer sur l’arbre.

Et ce petit oiseau, c’est le colibri. Vous savez, ce petit oiseau multicolore avec un long bec pour sucer le nectar des fleurs.

" Mais colibri, que fais-tu ? Viens ! Cela ne sert à rien, viens rejoins-nous ! "

" Je fais ma part..... je fais ma part de travail pour éteindre le feu ! "

" Et vous aussi venez, venez faire votre part de travail pour éteindre le feu. "

Les oiseaux se regardent, perplexes. Et dans un même élan, ils s’élancent vers la rivière, prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre, puis retournent et retournent encore à la rivière, inlassablement, prendre une goutte d’eau dans leur bec et la déposer sur l’arbre.

Et ces millions de gouttes d’eau forment une pluie si fine et si dense que le feu finit par s’éteindre.

Depuis ce jour, l’arbre reverdit, l’harmonie est revenue en son sein et chacun a gardé en mémoire qu’il doit faire sa part.

Les 2 loups (légende Cherokee)

Publié le par Korvus

Les 2 loups (légende Cherokee)

Une fable amérindienne d’un auteur inconnu qu’on raconte encore aujourd’hui le soir autour du Feu sacré.

Un soir d’hiver, un vieil homme de la nation Cherokee se réchauffe doucement au coin du feu alors qu’entre brusquement Tempête-de-vent, son petit-fils. Il est de nouveau très en colère. Son jeune frère s’est montré encore injuste envers lui.

- Il m'arrive aussi, parfois, dit le vieillard, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et surtout qui n’expriment aucun regret. Mais la haine m'épuise, et à bien y penser ne blesse pas celui qui s’est mal conduit envers moi. C'est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J'ai souvent combattu ce sentiment, car j’ai appris que la bataille entre deux frères, comme à l’intérieur d’une même nation, est toujours une bataille entre deux loups à l’intérieur de soi.

Le premier est bon et ne fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste.

Mais l'autre loup, hum…. celui-là est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n'importe qui, tout le temps et sans raison. Il est incapable de penser parce que sa colère et sa haine prennent toute la place. Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien.

Et je peux t’avouer, Tempête-de-vent, qu’il m’est encore parfois difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi, parce que tous deux veulent avoir le dessus.

Le petit-fils regarde attentivement et longuement son grand-père dans les yeux et demande :

- Et lequel des deux loups va gagner, grand-père ?

Le grand-père Cherokee sourit et répond simplement :

- Celui que je nourris.

Légende transcrite par Gilles-Claude Thériault à partir de diverses versions orales et écrites, en langue française et anglaise.

La création des astres

Publié le par Korvus

La création des astres

Suite à la création de la Grande Île sur le dos de la Grande Tortue, les animaux, réunis en conseil, décidèrent qu'il fallait plus de lumière.

Ils chargèrent alors la Petite Tortue de trouver une solution à ce problème de ténèbres.

Ingénieuse, la Petite Tortue saisit de grands éclairs et elle fabriqua un grand feu qu'elle fixa dans le ciel. Ainsi fut créé le Soleil.

Rapidement, le conseil se rendit compte que toutes les parties de la Grande Île n'étaient pas bien éclairées. Après intense réflexion, le conseil décida de donner un mouvement au Soleil.

La Tortue des marais fut chargée de creuser un trou de part en part de la Grande Île de façon à ce que le Soleil puisse faire une rotation complète autour de la Grande Île, donnant ainsi une alternance de lumière et de noirceur. Ainsi furent créés le jour et la nuit.

Dans le but d'éviter une noirceur totale, lors de la rotation du Soleil, la Petite Tortue fut mandatée de trouver un substitut au Soleil afin d'éclairer la nuit.

Elle créa donc la Lune qui devint la douce compagne du Soleil. Le Soleil et la Lune eurent de nombreux enfants, les Étoiles, qui sont dotés de vie et d'esprit comme leurs parents.

En souvenir de sa participation à la création des astres, la Petite Tortue fut nommée gardienne du ciel...

Pluie d'étoiles

Publié le par Korvus

Pluie d'étoiles

Caché, loin de la civilisation de l'homme blanc, vit un petit village amérindien que l'on appelle "esprit de nuit". Derrière la porte de cet univers mystérieux, l'amour le respect et la vie, font de cet endroit un lieu magique.

L'azur revêt son habit de nuit aux teintes d'orange, de lilas, de rose, qui s'enlacent aux ailes du souffle.

Les tipis disposés en cercle comme symbole de l'unité, dégagent par leur feu, une douce chaleur maternelle.

Le bruissement du vent, la mélodie de l'eau et le pas feutré des animaux, éveillent la force de l'esprit qui vit à travers ses habitants.

Mais à chaque tombée du jour, ce clan de "l'Esprit de nuit" se réunit pour l'avènement de leur protectrice...

C'est le signal ! Sœur lune dans sa blancheur argentée annonce la venue de la Cérémonie...

Assis en tailleur autour du grand feu qui les enveloppent de ses flammes ardentes, les hommes, les femmes et les enfants entament leurs chants au rythme du tambour. La vibration profonde de ses sons, amène la quiétude et la paix de l'énergie de Mère-Terre.

Le grand chef, serviteur doué et homme de pensée, s'élève à la gloire de ces Ancêtres.

Soudain, une lumière éblouissante illumine de ses rayons ce clair de lune sans étoiles !

Les enfants charmés, figés en statue de pierre, s'émerveillent par tant de féerie, tandis que les adultes s'inclinent à l'apparition de leur Gardienne "Pluie d'Étoiles".

Ses longs cheveux d'ébène ornés de rubans de cuir, incrustés de plumes aux feux multicolores, embrassent la délicatesse de son visage. Ses yeux de l'océan dont l'écume poétise son regard, recèle un trésor de bonté. Sa robe d'azur fluide d'une brise d'été, offre cette finesse que seul l'univers détient la grâce. Ses bijoux de perles célestes, symboles des dieux, ornent la pureté de son cœur.

Elle tient aux creux de ses bras," la jarre des cieux", le coffre du secret des étoiles d'où l'on aperçoit l'espace de la création de la nuit. De sa main légère de l'oiseau-mouche, elle plonge dans l'abîme de la cruche et d'un mouvement de l'aile de l'Aigle, couronne le ciel de milliards d'étoiles...

L'obscurité éclate de ces libellules lumineuses comme la pluie qui déverse ses larmes de joie. Le firmament nuancé de pervenche et saphir, gratifie cet artifice de diamants. "Pluie d'étoiles" louangée par les villageois, du bout de son doigts dessine, des comètes aux traînées vertueuses pour rendre hommage à l'Amour que lui portent ses Enfants.

Vous devez vous demander, pourquoi lorsque le soleil se couche et que sœur Lune de sa tristesse apparaît, les étoiles ne brillent pas à leur tour ? Il y a très longtemps le sorcier du village "Ours Sauvage" était l'homme-médecine respecté du clan. Son pouvoir grandissait de plus en plus et son orgueil ayant soif de grandeur, tombait dans le piège de "l'Esprit Noir". Un soir de pleine lune il voulut donner en sacrifice la fille du chef, mais sauvée de justesse par les "Guerriers Protecteurs" il ne put terminer son œuvre abominable.

L'ours symbole de sagesse, de puissance et d'éveil spirituel, aux yeux des habitants ne représentait plus ses croyances par leur guérisseur et le bannissaient du clan, pour que puisse revenir l'Harmonie Éternelle.

Avant de partir pour le monde de l'exil, "Ours sauvage" prophétisa cette malédiction :

"Que les étoiles meurent par la flèche de mes griffes, Que leurs lumières sombrent dans le ventre du serpent !"

Depuis ce jour, les étoiles se consument avant leur apparition et les villageois à la tombée du clair-obscur, invoquent le Grand Esprit pour que la voûte céleste revive de nouveau...

Le Grand Manitou fier du clan " l'Esprit de nuit" par leur combat contre le mal, envoie sa fille tous les soirs baigner le village du scintillement d'une pluie étoilée ! Et ce petit peuple, n'oubliant jamais les ténèbres que lui fit subirent le noir sorcier, reçu le plus beau cadeau que "l'Esprit de la nature" puissent offrir aux "Marche-sur-Terre"... Les Étoiles "Enfants de la Lune", la Vie tout simplement...

Petit-Frère capture le soleil

Publié le par Korvus

Petit-Frère capture le soleil

Au commencement, quand la terre était nouvelle, c'étaient les animaux qui dominaient.

Plus puissants que les humains, c'est eux qui les chassaient, les tuaient et les mangeaient. Ils avaient fini par les tuer tous, sauf une fillette et son petit frère, qui vivaient cachés. Le petit frère était minuscule, pas plus grand qu'un nouveau-né, tandis que sa soeur était de taille normale. Comme elle était beaucoup plus grande, elle prenait soin de lui et s'occupait de tout.

Un jour d'hiver, la soeur devait aller au bois cueillir des baies sauvages. Pour occuper son petit frère pendant son absence, elle lui prêta son arc et ses flèches. "Tiens-toi caché, et quand tu verras un oiseau des neiges, attends qu'il se mette à chercher des vermisseaux dans ce gros arbre mort, et là, tu le tueras d'une flèche."

Et elle s'en alla. Un oiseau des neiges apparut, mais les flèches de Petit-Frère le manquèrent. "Qu'importe, dit la soeur en revenant de la forêt, tu essaieras de nouveau demain." Le lendemain elle partit dans les bois. L'oiseau revint, et cette fois la flèche du petit garçon l'atteignit et le tua. Quand sa soeur revint le soir, il exhiba fièrement son oiseau.

"Ma soeur, dit-il, je veux que tu dépouilles cet oiseau, et que tu mettes la peau à sécher. Je vais en tuer d'autres, et quand nous en aurons assez, tu me feras un manteau de plumes avec toutes ces peaux.

- Mais qu'allons-nous faire de la chair ?" demanda la jeune fille. En ce temps-là, en effet, on ne mangeait que des baies et des plantes, car les humains ne chassaient pas ; c'étaient, je vous l'ai dit, les animaux qui chassaient.

"Nous en ferons un bouillon", répliqua Petit-Frère, qui était intelligent malgré sa petite taille. Et, dix jours de suite, il tua chaque jour un oiseau des neiges, et sa soeur lui fit un beau manteau de plumes avec les peaux séchées.

Un jour, il questionna sa soeur : "Ma soeur, y a-t-il d'autres humains dans le monde, ou sommes-nous les seuls ? - Il y en a peut-être d'autres, mais ce ne serait pas prudent d'aller à leur recherche. Il y a des animaux redoutables qui nous prendraient en chasse et nous tueraient."

Mais Petit-Frère demeurait dévoré de curiosité. Aussi, quand sa soeur partit à nouveau chercher à manger dans la forêt, il s'en alla lui aussi, voir s'il trouvait d'autres humains. Il marcha longtemps, mais sans rencontrer ni animaux ni humains. A la fin, épuisé, il s'allongea à un endroit où le soleil avait fait fondre la neige. Pendant qu'il dormait, le soleil prit de la hauteur et lui décocha des rayons ardents. A son réveil, il découvrit que son beau manteau de plumes avait rétréci au soleil et qu'il ne pouvait plus bouger. Il dut le déchirer pour se mouvoir. Dépité, il menaçait le soleil du poing : "Tu me le paieras, soleil ! Tu te crois hors d'atteinte parce que tu es là-haut. Attends un peu. Tu m'entends ?"

Petit-Frère rentra, désolé et furieux à la fois. En pleurs, il raconta à sa soeur comment son manteau de plumes s'était déchiré. Dix jours durant il resta allongé sur son flanc droit, refusant de boire et de manger. Puis, toujours jeûnant, il resta dix autres jours sur son flanc gauche. Au bout de vingt jours, il se leva et dit à sa soeur de lui fabriquer un piège pour attraper le soleil. Il ne restait à sa soeur qu'un morceau assez court de tendon de cerf séché, et elle en fit un noeud coulant. "Je ne peux pas attraper le soleil avec un collet si petit", protesta-t-il.

Sur quoi, sa soeur, prenant de sa chevelure, lui tressa une cordelette, mais il dit : "Ceci n'est pas assez long ni assez solide.

- Alors, dit-elle, il faut que je te fasse ce lacet à l'aide de choses secrètes." Elle alla dans les bois recueillir quantité de choses secrètes et les fila en une corde solide.

"Ah, voilà mon lacet !" s'écria Petit-Frère, dès l'instant qu'il vit le résultat. Pour l'assouplir, il le passa entre ses lèvres plusieurs fois, ce qui le rendit plus long et plus résistant.

Puis Petit-Frère attendit le milieu de la nuit, le moment le plus ténébreux. Là il sortit, trouva le trou d'où le soleil émergerait à son lever et disposa son lacet autour. Quand le soleil arriva à son heure habituelle, il se trouva pris et solidement ligoté. Il n'y eut pas de jour ce jour-là. Pas de lumière, pas de chaleur.

Les animaux avaient beau régner sur la terre, avoir tué et mangé tous les humains, ils n'en prirent pas moins peur. Ils convoquèrent un conseil de tous leurs anciens, où l'on palabra longtemps. A la fin, il fut décidé que le plus gros, le plus redoutables des animaux serait envoyé pour ronger le lacet qui entravait le soleil. On désigna donc le loir, qui n'était pas petit comme de nos jours, mais énorme comme une montagne. Cependant le loir, malgré sa taille, avait peur du soleil : "Ce que vous me demandez est très dangereux, dit-il, mais j'accepte le risque."

Loir se dirigea vers l'endroit où se lève le soleil et trouva celui-ci pris au collet. A force de se débattre et de se démener, le soleil s'était encore échauffé. Quand Loir s'approcha, le pelage de son dos se mit à fumer et à brûler, mais malgré cela il se recroquevilla et entreprit de grignoter le piège. Il rongea, rongea longtemps, et puis finit par couper le lien.

Le soleil, enfin libre, reprit aussitôt sa course et illumina toutes choses. Mais sa chaleur avait ratatiné Loir à la taille qu'il a aujourd'hui, et ses rayons l'avaient rendu presque aveugle. C'est pourquoi on lui donna la nom de Kug-e-been-gwa-kwa, la Vieille-Aveugle.

Ainsi le vaillant Loir avait libéré le soleil, mais chacun désormais savait en son coeur que l'être le plus intelligent en ce monde, et le plus puissant, était Petit-Frère, qui avait su piéger le soleil. Depuis ce jour, ce sont les humains qui dominent sur terre, qui sont les chasseurs et non plus le gibier.

Le huart (ou huard)

Publié le par Korvus

Le huart (ou huard)

Cette légende amérindienne raconte d’où vient le collier de plumes blanches du huart.

Les forêts québécoises abritent une multitude de lacs. Au bord d’un de ces lacs vivait autrefois une tribu amérindienne. Le chef Onas habitait la plus grande loge avec sa femme Niska et son fils Napiwa.

La forêt donnait du gibier en abondance, le lac des poissons en quantité, et le maïs cultivé de quoi nourrir tout le monde à satiété. Chacun accomplissait les tâches dictées par la tradition: la vie se déroulait paisiblement au rythme des saisons. Mais une croyance respectée par tous semait l’angoisse parmi les membres de la tribu, grands et petits. Cette croyance voulait que le dieu huart règne en maître sur la nuit. À la tombée du jour, lorsque son chant parvenait aux oreilles des hommes, c’était le signe que personne ne devait sortir de sa loge ou de son abri de trappe. Le grand huart punirait sévèrement celui qui braverait ses lois car la nuit était son royaume exclusif.

Le sorcier de la tribu entretenait cette crainte en parlant de punitions terribles :

- Si l’un de vous ose sortir, il sera emporté dans le royaume de la nuit et jamais plus il ne reverra les siens, répétait-il à tout moment.

Ainsi quand, à la brunante, on sentait descendre l’obscurité, chacun attendait le chant du huart en achevant ses tâches. Aussitôt que le chant mélodieux se faisait entendre , on s'empressait de ranger les canots au sec et tous se réfugiaient à l’intérieur des loges. Personne n’avait jamais osé sortir et regarder la nuit en face.

Or Onas avait un fils à qui il enseignait avec fierté tout ce qu’il faut savoir pour devenir un grand chasseur et, plus tard, un chef sage et courageux. Sa femme Niska aimait beaucoup son fils. Elle passait ses journées à le regarder grandir et à lui broder de beaux mocassins et d’amples tuniques de peau.

Napiwa avait quinze ans et il avait déjà fait ses preuves comme chasseur et comme guerrier. Tous vantaient sa valeur et son endurance. Depuis quelque temps Napiwa s’était mis à réfléchir. Il était terriblement agacé de voir sa tribu accorder foi aveuglément à cette croyance à propos du dieu huart et de la nuit. Il refusait d’y croire. Il interrogeait les anciens, il essayait de discuter, de comprendre; mais tout le monde prenait peur quand il abordait le sujet.

Alors, un jour, n’y tenant plus, il dit tout haut ce qu’il pensait :

- Je ne crois pas ce que nous enseigne le sorcier à propos du grand huart !

- Comment ? s’écria son père, tu oses contredire le sorcier ? Malheur à toi mon fils. Que le grand huart ne t’entende pas ! Napiwa n’osa pas répondre à son père. Mais pour lui tout seul il pensa : "Cette nuit je sortirai voir la lune et les étoiles que je ne connais pas. Au diable le huart."

Lorsque tout le monde fut endormi, Napiwa se leva sans bruit et sortit de la loge. Le coeur battant, il regarda la lune et admira les étoiles. Il prit un canot et un aviron et s’enfuit sur le lac. Au matin, un des chasseurs courut avertir le chef qu’il manquait un canot. Onas se leva.

- Quelqu’un a-t-il quitté le village ? demanda-t-il.

- Je ne sais pas, répondit le chasseur. Alertée par le bruit des voix, Niska se retourna vers le lit de branches de sapin où dormait Napiwa. Il était vide ! Avant même de regarder, elle avait su dans son coeur que Napiwa était allé braver le huart. Elle n’osa rien dire. Mais quand Onas constata l’absence de son fils, il se fâcha.

- À cette heure-ci, il doit être déjà mort. Le sorcier va préparer la cérémonie des morts, dit-il sans manifester d’émotion.

Le sorcier se retira dans sa loge pour faire ses préparatifs et invoquer les esprits.

- L’offense est grave, dit-il. Il faudra soigner les offrandes aux dieux pour réparer la faute de Napiwa. Mais Niska refusa d’accepter si vite la mort de son fils chéri.

- Le huart l’a peut-être épargné. Pourquoi ne pas envoyer quelqu’un le chercher?

- Où chercher ? Au royaume de la nuit ? répondit Onas irrité de son audace.

- Sur le lac, dit Niska. Mais elle voyait bien que ni les chasseurs, ni le sorcier, ni son mari ne conservaient l’espoir de retrouver Napiwa. La crainte du grand huart était telle qu’ils ne pouvaient que s’incliner devant sa puissance. Tandis que pour elle, sa tendresse pour son fils l’emportait sur tous les autres sentiments. Bien sûr elle aussi craignait et respectait le dieu huart et la puissance des manitous. Mais son coeur de mère refusa d'accepter la fatalité et la perte de son fils.

- Quand le soleil sera droit sur nos têtes, si Napiwa n’est pas de retour, j’enverrai un canot à sa recherche, dit enfin Onas pour calmer sa femme.

Puis chacun, au village, reprit ses activités. Niska, rongée par l’inquiétude, s’en alla au bord du lac. Elle marcha longtemps sur la berge, scrutant l’eau profonde, là-bas au milieu du lac où chaque soir le huart lançait son chant-signal. Elle chercha en vain un indice qui lui révélerait la présence de son fils. "Était-il pensable qu’un manitou puisse tuer un jeune homme si beau, si plein de promesses ? se demandait-elle. Non, ce n’était pas possible : le huart ne pouvait être cruel à ce point."

Tout en marchant, Niska ramassa sur la grève un caillou blanc. Elle se mit à le tourner et à le retourner dans sa main comme pour combattre par ce geste son angoisse et son inquiétude. Puis elle frotta le caillou contre une pierre dure, tout en continuant d’épier le moindre mouvement autour du lac. Lorsque le soleil fut au zénith, Onas envoya un canot avec deux des meilleurs chasseurs de la tribu à la recherche de Napiwa. Tout le temps qu’ils furent partis, Niska continua de polir le caillou blanc, qui devint lisse et brillant. Machinalement, elle y perça un trou et l’enfila sur une lanière de cuir qu’elle glissa à son cou.

Le soir arriva et les chasseurs revinrent au village sans Napiwa. Niska et les autres se dépêchèrent de rentrer avant la tombée de la nuit. Onas essaya de la raisonner. Mais elle ne voulait pas accepter la mort de son fils.

- Demain, tu enverras encore un canot le chercher, pria Niska.

Onas accepta malgré sa résignation, car lui aussi avait beaucoup de chagrin d’avoir perdu son fils. Pendant les cinq jours qui suivirent Onas envoya un canot, puis deux canots à la recherche de Napiwa. Ils partaient le midi et revenaient le soir sans rien rapporter. Niska, elle, marchait, marchait autour du lac sans jamais perdre espoir. Chaque jour, elle ramassait un caillou blanc au bord de la grève et le frottait contre une pierre pour s’occuper. Le soir elle le perçait d’un trou et l’enfilait sur sa lanière.

Le sixième jour, bien avant le coucher du soleil, elle entendit des voix venir du lac et le bruit des pagaies dans l’eau. Son coeur bondit dans sa poitrine. Elle se mit à courir. Toute la tribu descendit vers le lac pour accueillir les canots. Même le sorcier qui avait été forcé de retarder la cérémonie des morts vint voir ce qui se passait. On avait retrouvé Napiwa vivant !

Napiwa sortit du canot et marcha dans l’eau vers le rivage. Tous le regardaient avancer en silence. Niska s’élança vers lui pour l’embrasser. Puis on l’entoura et il se mit à raconter.

- Le ciel était noir, noir, mais des milliers d’étoiles brillaient. Je ne me lassais pas de les regarder mais mon canot a chaviré. Je ne voyais rien, je ne sentais rien. J’ai essayé de nager mais d’étranges remous m’ont emporté. Mon canot a disparu. J’ai crié puis... je ne sais plus. Quand j’ai ouvert les yeux j’étais au sec dans un nid de branches et de feuilles. Le grand huart se tenait près de moi. Il m’a parlé tout doucement. Il m’a apporté du poisson à manger et de l’eau à boire. Petit à petit mes forces sont revenues. Le huart ne semblait pas du tout offensé de ma bravade, au contraire. Je me sentais bien chez lui ; je ne pensais même pas à partir. Puis aujourd’hui, j’ai vu les canots et je me suis souvenu...

Niska se leva et alla vers son fils.

- Viens, dit-elle.

Elle l’entraîna vers le rivage et lui fit signe de ne pas bouger. Sous les yeux de tous, Niska prit un canot et s’en alla toute seule vers le milieu du lac. Personne n’osait rien dire, pas même Onas, pas même le sorcier. Sur le visage de Napiwa qui la suivait du regard, se dessinait un sourire. Niska fila sur l’eau et le chant modulé du huart retentit tout à coup. Tous les gens massés sur la grève frissonnèrent. Le huart lançait son signal et pourtant la nuit était encore loin. Qu'est-ce que ça voulait dire ?

Niska continua d’avancer. Sans même agiter la surface de l’eau, le huart apparut devant le canot. Niska s’arrêta de pagayer. Elle retira de son cou le collier de cailloux blancs qu’elle avait polis et repolis tout au long de sa douloureuse attente. Elle se pencha vers le huart qui se tenait immobile sur l’eau sombre. Puis elle lui glissa au cou le collier qu’elle avait façonné. Elle murmura:

- Merci.

On dit que c’est depuis ce jour que les huarts ont autour du cou un magnifique collier de plumes blanches.

Loup blanc

Publié le par Korvus

Loup blanc

L'histoire que je vais vous raconter remonte à la nuit des temps.

A cette époque, la Terre était recouverte de vastes forêts sans fin. Certaines étaient inextricables et les voyageurs égarés retrouvaient rarement leur chemin.

En ces temps-là, les loups vivaient nombreux. Ils formaient des clans très hiérarchisés, intelligents, forts et courageux. Ils n'avaient d'autres ennemis que les hommes.

Les hommes, quant à eux, nourrissaient une haine profonde envers les loups et, lorqu'ils se trouvaient face à face avec eux, il était rare que tous deux survivent à cette rencontre.

A peine l'enfant des hommes marchait qu'il avait appris à haïr le loup.

Chaque décennie écoulée, les loups, uniquement les chefs de clan et quelques élus, entreprenaient le grand voyage. De toutes les régions du Nord de l'hémisphère, ils convergeaient en un même lieu, une vaste clairière au centre d'une forêt profonde et noire, quelque part dans un pays que l'on appellera plus tard la France.

Certains venaient de très loin. C'était le grand rassemblement au cours duquel les loups mâles et femelles encore solitaires allaient sceller une nouvelle alliance. Ils venaient trouver là le compagnon d'une vie.

Les chefs partageaient leur savoir et les jeunes bâtissaient leur descendance.

Cette année là, LOUP BLANC, chef de clan encore solitaire, venait pour y trouver une compagne. Chemin faisant, il pensait au lourd secret qui était le sien.

Quelques mois plus tôt, au cours d'une chasse, il avait découvert une jeune femme évanouie dans la neige fraîche. Il s'était approché d'elle doucement, avec méfiance comme on le lui avait toujours appris. De longues minutes s'étaient écoulées ainsi quand, soudainement, la jeune femme bougea. Elle entrouvrit les yeux et, loin d'être terrifiée par la vue du loup, elle lui sourit.

Elle tendit une main et caressa la fourrure de l'animal. Celui-ci accueillit cette marque d'affection d'abord avec surprise puis bientôt avec plaisir. Sans savoir qu'il pouvait la comprendre, elle lui expliqua sa peur lorsqu'elle s'était vue égarée dans la forêt. En entendant du bruit, elle s'était mise à courir sans voir une grosse branche qui barrait le chemin. Elle avait trébuché lourdement et s'était évanouie.

Tout en lui parlant, elle n'avait cessé de le caresser. Elle le regarda droit dans les yeux et lui demanda de l'emmener jusqu'au village. «Seule, dit-elle, je ne retrouverai jamais ma route».

LOUP BLANC s'exécuta. Il la reconduisit jusqu'à l'entrée du village et, longtemps, il resta là, à la regarder partir, même lorsqu'il ne pouvait plus la voir.

De retour dans la tanière du clan, il comprit qu'il ne serait plus jamais le même. Jamais plus il ne verrait les hommes de la même manière. Il se prit même à revenir guetter l'entrée du village dans l'espoir de l'apercevoir.

A de nombreux kilomètres de là, une louve et son frère cheminaient au côté d'un chef de clan. Ils faisaient eux aussi route vers le grand rassemblement.

La louve CALYPSONE venait y faire alliance. Elle l'espérait depuis longtemps mais depuis l'été dernier, elle était habitée par la peur. Son chemin avait croisé celui d'un gentilhomme blessé. Au lieu de le dénoncer à la meute comme il se doit, elle l'avait caché, recouvert de feuilles et de branchages et l'avait nourri jusqu'à ce qu'il puisse se débrouiller seul.

L'homme n'avait jamais manifesté la moindre crainte face à la louve. Au contraire, il aimait lui parler, la caresser. Il lui faisait des confidences comme il l'aurait fait à un des ses semblables. Il rêvait d'un monde où les hommes et les loups feraient la paix, un monde où la haine de l'autre n'existerait plus.

Un soir, alors que CALYPSONE venait le retrouver, il était parti en laissant sur le sol son écharpe, un peu de son odeur qu'elle prit plaisir à renifler.

Souvent, depuis lors, elle venait s'allonger au pied de l'arbre qui avait été le témoin de leur amitié.

La clairière sacrée était prête, tous les participants s'étaient rassemblés en plusieurs cercles. Au milieu se trouvaient les solitaires. Il était coutume de s'observer et, lorsqu'un loup mâle trouvait une louve à sa convenance, il s'avançait au milieu du cercle puis, de là, en rampant il se dirigeait vers l'élue.

Ce soir sacré, lorsque CALYPSONE aperçu LOUP BLANC, elle reconnut immédiatement le compagnon qui habitait ses rêves, celui qu'elle avait toujours attendu.

Aussi, bousculant toutes les règles, elle s'avança vers lui, sans crainte, le regardant au fond de ses prunelles dorées.

LOUP BLANC, comme s'il avait toujours su ce qui allait arriver, accepta CALYPSONE comme compagne sans se formaliser de la façon cavalière qu'elle avait utilisée pour arriver à ses fins.

La nuit même, leur union fût scellée. Le grand sage donna son accord après avoir vérifié qu'ils n'appartenaient pas au même clan et que leurs deux statures s'harmonisaient entre elles.

La louve fit ses adieux au clan qui l'avait vu grandir et se prépara au voyage de retour.

Leur périple fût sans histoire.

Inconsciemment ou pas, LOUP BLANC construisit leur gîte non loin de l'endroit où il avait découvert la jeune femme l'hiver dernier.

Au printemps de l'année qui suivit, CALYPSONE donna naissance à deux louveteaux, un mâle et une femelle. Avant de mettre bât, elle avait avoué à LOUP BLANC le parjure qu'elle avait fait à sa race en cachant et en nourrissant un humain. LOUP BLANC lui avait à son tour confié son secret et, depuis lors, ils ne formaient plus qu'un.

Une nuit, ils furent réveillés par des cris qui les fit sortir de leur tanière. Ils aperçurent au loin une fumée épaisse. Un incendie embrasait le ciel. Les cris durèrent longtemps, et au petit jour, une odeur âcre parvint jusqu'à eux.

La magie des loups en ces temps là était grande et leur haine des humains encore plus grande. Plusieurs clans s'étaient unis pour détruire un village qui avait tué plusieurs des leurs. Ceux qui n'avaient pas péri dans l'incendie furent dévorés pas les loups.

LOUP BLANC rassembla sa compagne et ses petits et décida de s'éloigner à tout jamais de ces contrées barbares. Il voulait un monde différent pour sa descendance.

Au même moment, un homme et une femme, seuls survivants du massacre, fuyaient eux aussi l'horreur de la nuit.

La légende dit que la route des loups croisa celle des humains. Que LOUP BLANC reconnu la jeune femme qu'il avait secourue de même que CALYPSONE reconnu l'homme comme étant celui qu'elle avait caché dans les bois.

On dit aussi qu'ils firent chemin ensemble jusqu'à une grande clairière.

Uniquement avec leur courage, ils bâtirent un monde nouveau où tous ceux qui vivaient sans haine furent les bienvenus... Les humains comme les loups...

Racontée par Marcel Masth-Issiam Gill (Nuage Blanc)
Aîné de la Nation innue
Québec, Canada

Le capteur de rêves (légende huronne)

Publié le par Korvus

Le capteur de rêves (légende huronne)

Il y a bien longtemps, lorsque le monde était encore jeune, dans un village autochtone, un amérindien dormait avec ses frères et ses sœurs dans la maison longue.

Un jour, l’homme partit à la chasse pour aller chercher le repas pour les prochaines lunes. Il partit loin, afin de trouver un orignal qui s’abreuvait de l’eau de source pure qui découlait de la montagne. Il traversa rivières et fleuves avec courage et détermination, sans apercevoir de chevreuils ni d’orignaux dans les environs. Il décida alors de partir vers la montagne même, croyant que le repas allait bientôt être mis au feu. En chemin, il aperçut une grotte immense dans laquelle il pouvait se trouver n’importe quelle bête, c’est alors qu’il entra dans la sombre place en y donnant tous ses espoirs.

Dans la grotte, l’esprit de l’orignal était absent. Un esprit mal veillant était présent. L’homme ne se sentait pas bien à l’intérieur, il était certain que quelque chose de sombre se cachait dans ces profondeurs… C’est alors qu’une bête surgit des profondeurs de la grotte. Des yeux rouges, couleur de sang, un poil noir comme la nuit, un museau retroussé et des crocs prêts à mordre de la chair. L’homme sursauta, pris panique en laissant son arc derrière lui et ayant une petite lueur d’espoir de rester en vie.

De retour au village, l’homme avait les bras vides. Pas de nourriture ni d’armes pour chercher d’autres bêtes. Il était terrorisé à l’idée de retourner à la chasse.

Le soir même, l’homme n’arrivait pas à trouver le sommeil. Toutes les fois qu’il s’endormait, il voyait encore ces deux yeux rouges couleur de sang le fixer et prêt à le dévorer. Le soir suivant, il essaya de bien dormir, mais sans résultat. Nuit après nuit, lunes après lunes, l’homme ne pouvait plus dormir. L’esprit de la bête aux yeux de sang le hantait. Plusieurs soleils passaient et rien ne changeait.

Un jour, au beau milieu de la nuit, l’homme se leva après un cauchemar. Il sortit du village et parti vers la forêt voisine. Exténué, il s’endort sur le sol rempli de branchages.

Le lendemain à l’aube, l’homme se réveilla impressionné. Il n’avait pas fait de cauchemar. Il leva les yeux et aperçut une toile d’araignée qui était accompagnée de la rosée du matin.

Depuis, l’homme s’endormit toujours prêt de la toile qui était illuminée par les rayons du soleil du matin.

Les taches du faon (légende Lakota)

Publié le par Korvus

Les taches du faon (légende Lakota)

Comment le petit faon fut décoré de taches ?


Il y a bien longtemps, quand le monde était nouveau, Wakan Tanka, le Grand Esprit était en train de se promener et en marchant il réfléchissait à toutes les choses qu'il avait faites pour aider les animaux à quatre pattes et les oiseaux à survivre.

- C'est bien, dit Wakan Tanka, j'ai donné des griffes acérées au lion de la montagne et une grande force à l'ours grizzli, c'est beaucoup plus facile pour eux maintenant de survivre.

- J'ai donné au loup des dents pointues et à son petit frère, le coyote, une grande intelligence qui leur permet de vivre plus facilement.

- J'ai créé le castor avec une queue plate et des pieds palmés pour qu'il puisse nager en dessous de l'eau et des dents capables de couper et abattre les arbres et j'ai donné au porc-pic qui se déplace lentement des piquants pour se protéger. Maintenant c'est plus facile pour eux de survivre.

Toutefois, alors que Wakan Tanka parlait, une biche s'approcha de lui. Derrière elle se trouvait son petit faon tremblotant sur ses pattes fragiles.

- Grand Esprit, dit elle, c'est vrai que tu as donné beaucoup de dons aux animaux à quatre pattes et avec des ailes pour les aider à survivre. C'est vrai que tu m'as donné une grande vitesse et mes ennemis ont du mal à m'attraper, ma rapidité est en effet une grande protection. Mais qu'as tu fait pour mon petit ici ? il n'a pas encore de rapidité. C'est très facile pour nos ennemis, avec leur dents pointues et leurs griffes de l'attraper. Si mes enfants ne peuvent survivre qu'adviendra-t-il de mon peuple?

- Tu as raison c'est vrai, dit Wakan Tanka, que ton petit vienne ici et je vais l'aider.

Alors Wakan Tanka fit de la peinture avec de la terre et des plantes et peignit des taches sur le corps du petit faon de telle sorte que quand celui-ci se tenait immobile sa couleur se mélangeait avec la terre et personne ne pouvait alors le distinguer. Ensuite Wakan Tanka souffla sur lui, pour enlever son odeur.

- Maintenant dit Wakan Tanka tes petits seront toujours en sécurité à condition qu'il restent tranquilles et éloignés de ce côté. Aucun de tes ennemis ne sera capable de les voir et de sentir leur odeur.

Ainsi les choses furent toujours comme cela depuis lors. Quand un jeune cerf est trop petit et trop fragile pour courir rapidement, il est couvert de taches qui se mélangent avec la couleur de la terre. Il n'a pas d'odeur et reste très calmement proche de la terre quand sa maman n'est pas à son côté. Et quand il est suffisamment grand pour bénéficier de la vitesse que Wakan Tanka a donné à son peuple, alors il perd ces taches dont il avait besoin avant pour survivre...